Au fil du temps, la chaudronnerie a connu des évolutions techniques considérables, qui ont transformé cette industrie et la pratique du métier de chaudronnier. Disposant initialement d'outils modestes, elle s'adapte rapidement et se perfectionne.

- 1885 : Invention par l'ingénieur anglais Bessemer d'un nouveau procédé de fabrication de l'acier, qui permet la production d'acier doux. Les tôles de cet acier peuvent être facilement déformées au marteau. Cette invention bouleverse le métier de chaudronnier tôlier, qui devient une véritable industrie.

- vers 1895, dans la Meuse : Premières machines mises en mouvement par le recours de l'eau : système de frappe à bascule, nommé martinets. Pour la première fois la feuille est battue à l'épaisseur voulue.



- 1900 : Plusieurs innovations, le rivetage à chaud et la riveuse à air comprimé, contribuent à diminuer la pénibilité du travail et à augmenter la productivité.

- 1901 : Invention française du chalumeau soudeur oxyacétylénique Picard-Foucher, et du pyrocopt à jet central d'oxygène.

- 1906 : Invention du chalumeau coupeur à jet central d'oxygène, qui permet des gains de productivité et de précision.

- Dans les années d'avant-guerre, les premiers essais de soudage à l'arc électrique demeurent peu probants, mais en 1918, grâce aux travaux du Suédois Kielbarg, l'industrie s'engage dans cette voie.

- 1920 : Construction du bateau SAF 4 pour prouver la validité du procédé de l'enrobage. Mais les progrès de cette technique sont très lents. Les Etats-Unis jugent cette pratique européenne trop compliquée. Pourtant, en 1928, suite aux applications surprenantes des arsenaux allemands, cette application se développe chez tous les grands constructeurs.

- 1933 : Invention française de l'enrobage basique, copié et amélioré pendant la guerre par les Américains, et qui s'impose dans toutes les grandes industries.

- 1934 : Invention aux Etats-Unis de l'union melt, qui permet de souder de fortes épaisseurs.
La Seconde Guerre mondiale fige la situation en Europe ; la chaudronnerie y renaît véritablement dans les années 50, grâce notamment à l'aide du plan Marshall. Le rivetage disparaît, au profit de l'association de l'union melt et de l'enrobage basique.

- 1955 : Les locomotives stars B.B. et C.C. atteignent la vitesse de 331 km/h, nouveau record du monde.

- Le traçage auparavant manuel est désormais reproduit du papier sur la tôle par une machine.

- Début de la spécialisation du métier de chaudronnier, avec l'introduction progressive de l'électronique dans les ateliers, puis de la commande numérique et de l'informatique.

- Dans les années 60, le procédé TIG mis au point par les Etats-Unis en 1942 devient incontournable (il permet l'isolation de l'arc électrique pour le découpage de tôles fines en magnésium et en acier oxydable).

Dans les années 60, plusieurs innovations de la décennie précédente sont adoptées progressivement dans les grands pays industriels, qui connaissent une forte croissance économique et aspirent à atteindre le ratio de production des Etats-Unis.

- Le métier de chaudronnier connaît une profonde mutation. Les textes contractuels et les cahiers des charges techniques remplacent la confiance et l'application des règles de l'art par l'artisan d'autrefois. Le contrôle qualité interne devient très important.

- Années 70 : Lancement du programme électronucléaire français. C'est un véritable défi pour l'industrie et la chaudronnerie.


Avec l'aimable autorisation des Éditions Timée et de Mme Louise Haroun

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